• Journal d’un abstinent

    Journal d’un abstinent

    Troisième semaine :

     

    -           Lundi 18 décembre

    Le week-end écoulé m’a vraiment fatigué, et j’ai presque dormi comme un bébé. Nous avons manifestement échappé à la neige de justesse, car la photo que m’a envoyée ce matin Madame S montre un tapis de neige. Pour nous, cela nous aura permis de ne pas avoir de problèmes de circulation, mais c’est dommage pour l’atmosphère.

    Je me sens un peu orphelin, seul et en manque. Mon esprit, mon sexe, ma libido, mon cœur, tous sont tournés vers Elle. Dans l’après-midi, je décide de lui porter un toast. Un cœur dessiné sur mon pubis, un verre transparent que je remplis de mon urine, sous le regard indiscret de l’objectif de mon téléphone, et je peux trinquer à sa santé ! A cet instant, je trouve cela meilleur qu’un Riesling.

     

    -           Mardi 19 décembre

    Mauvaise nuit. Madame S est loin, peu bavarde par SMS. En fin d’après-midi, Elle répond enfin à mon message par lequel je lui explique l’imaginer sous la douche avant son rendez-vous avec Stéphane. Quelques instants plus tard, Elle m’envoie une photo d’Elle. Je suis avec deux collègues, au bistrot du bureau, pour faire un dernier bisou à la patronne que je ne reverrai plus avant 2018. Alors que je regarde mon message et que j’admire son visage, l’un de mes collègues regarde par-dessus de mon épaule et me fait comprendre qu’il admire aussi celle qu’il voit ! J’adore. Il sait que je suis volage, il ne sait pas qu’il vient de voir ma Maitresse.

    De retour à la maison, je monte rapidement préparer ma valise, je pars demain en déplacement. En redescendant, ma femme me fait part de son rendez-vous chez l’oncologue. Ses marqueurs sont redescendus en dessous des seuils critiques. J’avoue que je ne sais plus me réjouir des bonnes nouvelles !

     

    -           Mercredi 20 décembre

    Premier moment de la journée, j’attends que mon fils se prépare pour l’emmener au centre, et j’envoie une pensée à Madame S. Je crois l’avoir touchée.

    Pot de Noël du bureau à midi, et départ vers 14 h pour Marennes d’Oléron en TGV. Arrivé à l’hôtel, j’en profite pour rédiger mon journal et de préparer une oraison funèbre pour l’enterrement de Titou. J’ai également préparé des photos pour la naissance d’Anton. Ce n’est pas facile de se prendre ainsi en photo, j’ai besoin de m’habituer à écrire toutes les lettres dans le bon sens pour la photo.

    La journée de Madame S a été riche et intense, pleine d’espoir pour l’avenir. Et j’ai compris que sa rencontre avec soumis Stéphane avait été agréable. Cela me fait du bien de lire ces bonnes nouvelles.

     

    -           Jeudi 21 décembre

    J’ai envoyé quelques mails à Madame S, l’oraison funèbre destinée à l’enterrement de Titou entre autres. J’ai répondu à son mail indiquant mon nouveau nom de baptême. J’ai du mal m’exprimer car j’ai reçu un mail assez virulent de Madame S dans l’après-midi, je l’ai manifestement agacée. Je suis vraiment triste, en fait j’ai les larmes aux yeux quand je reçois son mail. Je suis en pleine réunion avec des clients, et j’espère que personne ne s’est rendu compte de mon désarroi. Sentiment d’injustice, jamais je n’ai imaginé remettre en question une décision de ma Maitresse !

    Après le diner, j’ai trié les photos que j’avais préparées en l’honneur du baptême d’Anton. J’espère que mon reportage lui plaira, que cela l’aidera à me pardonner de …..

     

    -           Vendredi 22 décembre

    Message pervers de Madame S sur son blog. J’ai des moments où je suis en manque de masturbation, cet instant l’exacerbe. Mais je sais tellement combien j’aurais du mal à vivre le moment où ce contrat d’abstinence prendra fin, ce moment où je devrais prendre cette décision, jouir ou pas !

    16 h 15. J’ai pris un train plus tôt que prévu, pas de place, je fais le voyage au bar du TGV, au milieu de jeunes militaires qui rentrent en permission. Le voyage debout, ce n’est pas très confortable, mais au milieu de cette jeunesse, de ces filles et ces garçons insouciants, j’avoue que cela me rajeunit ! J’en profite pour discuter avec eux, avec elles, quel bonheur, surtout quand ils me font remarquer que je suis vieux. Vive la jeunesse !

    Je rentre à la maison après une semaine hors du foyer familial, je vais retrouver ma femme qui semble particulièrement affectée par son nouveau traitement. Je ne sais pas ce qui m’attend en rentrant et j’appréhende un peu. Ah si, je sais que je vais devoir redresser le sapin qui est tombé dans l’après-midi.

     

    -           Samedi 23 décembre

    La journée s’annonce intense car Noël tombe assez mal, c’est aujourd’hui le seul jour pour faire les courses. Et mon épouse est vraiment mal, elle n’a rien organisé, et je rentre de déplacement. Bref !

    Matinée course, le boucher m’a donné une bonne idée pour le diner de lundi, c’est le jour où nous fêterons Noël avec les enfants, après-midi repassage et nettoyage de la maison.

    J’ai vu que Madame S a répondu aux messages de son blog, mais pas de réponse à mon message ! Je me sens comme oublié, rejeté, je suis triste et en colère.

    Et en plus, Elle me reproche mon manque de présence. Pardonnez-moi Maitresse, je me sens tellement malheureux quand je lis vos reproches, quand je ne me sens pas à la hauteur de ce que je voudrais être pour vous, pardonnez-moi de le confier à mon journal.

     

    -           Dimanche 24 décembre

    Nous fêterons Noël juste avec mon jeune fils ce soir.

    Je pleure pour un oui ou pour un non, les films de Noël me font pleurer, la froideur de Madame S me fait pleurer, ma femme qui ne cesse de tousser et qui ne mange quasiment rien me fait pleurer.

    Le réveillon est tristounet, Maitresse, vous me manquez…


  • Commentaires

    1
    Chriss
    Dimanche 31 Décembre 2017 à 07:25

    L'abstinence nous rend plus sensible et tous devient compliqué,je comprend tes moments de doutes mais tu as fais allégeance a Madame S pour le bien et pour le pire .C'est peut être ces moments là qui donne une vrais valeur à notre soumission.

    Chriss S V 68 VD 185 20

    2
    sixtytwo
    Dimanche 31 Décembre 2017 à 09:20

    Cher Anton,

            Je suis de tout coeur en symbiose avec ce que tu as écrit, Madame S se met parfois en colère mais c'est vite oublié, moi aussi mes écrits éraient restés sans réponses, j'ai compris qu'elle avait une vie aussi et qu'elle y répondrait quand son temps lui permettrait.

             Ce qui a d'ailleurs été fait !

              Tu as la chance de pouvoir recevoir photos et sms, privilège que je n'ai pas encore mais je vais m'y atteler pour 2018.

              Je te souhaite ainsi qu'à ta famille une bonne et heureuse année 2018

    3
    aaron
    Lundi 1er Janvier à 17:35
    Maîtresse,
    je ne sais pas quoi ajouter aux propos D'Anton, cela ne doit pas être évident à vivre au quotidien.
    aaron
      • Mercredi 3 Janvier à 18:42

        Je trouve très beau qu’Anton nous parle de tout cela, sans filtres, cela me touche beaucoup tout comme toi.

    4
    Anton
    Jeudi 4 Janvier à 22:30

    Maitresse, 

    je vous remercie de publier mon journal, écrit sans filtre comme vous me l'indiquez, et sans jamais le censurer.

     

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